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dimanche, 08 juin 2008
Week end ordinaire d'un avocat de province
Ce week end, c'était la fête.
Samedi matin, 7 H 00 (je suis matinal quand je ne travaille pas, comme ça j'ai plus de temps pour ne rien faire), je tombe sur une sublime émission sur la 5 : une visite de Buenos Aires (prononcer Bouenos A-irèsse, por favor), mon rêve. L'Argentine, un nom de pays magnifique : la Patagonie et son empereur éphémère, Antoine de Tounens; les gauchos et la pampa; Buenos Aires, la ville la plus européenne de toute l'Amérique du Sud, avec son marché de la Salada, le plus grand marché du faux (et aussi du vrai) de toute l'Amérique latine, toléré par l'administration qui, comme en Espagne, estime qu'il vaut mieux que les pauvres travaillent, même au noir, plutôt que de prendre des sous aux entreprises pour les redistribuer sous forme d'allocation à des pauvres qui ne travaillent pas, en gaspillant au passage (ça se défend, même si ce n'est pas si simple).
Buenos Aires, où tout commence et tout finit par un asado (sorte de barbecue improvisé, même sur le trottoir), en faisant tourner la calebasse de maté que l'on boit avec la même bombilla (sorte de cuillère-paille).
Buenos Aires, la ville du tango, la plus intimidante des danses où, jamais ou presque, la femme ne lache le regard de l'homme et qui rappelle opportunément que le machisme, ce n'est pas sa caricature, mais un comportement protecteur qui n'existe que dans un cadre où la femme est fière et insoumise.
Le tout, c'est d'avoir la grinta, terme intraduisible en français, mais qui se rapproche de "main de fer dans un gant de velour", sauce asado, si vous voulez.
L'année prochaine à Buenos Aires !!!
L'après-midi, depuis mon balcon sous lequel passent toutes les manifestations, 6.000 participants à la Gay and Lesbian Pride, selon les organisateurs, la police et Maître Epailly.
Au tout début, les drapeaux de quelques syndicats ou partis politiques, qui estiment devoir absolument en être : à une manifestation pareille, c'est d'une indéniable ambiguité. Et puis, l'homosexualité n'est pas une option politique, ça se saurait.
Bref, je suis un peu déçu : beaucoup de bruit, beaucoup de badauds, beaucoup de préservatifs en guise de confettis, mais très peu de slogans, peu de "caractères". On se déhanche, mais pas pour la cause, parce qu'il y a de la musique.
Si, il y a bien le groupe des "lopettes révolutionnaires", dont les slogans sont inaudibles mais l'intitulé amusant. Et puis, quelques pancartes "Je suis séropo, et vous?" : gentiment provocateur, je ne suis pas allé vérifier, du reste. En tout cas, je réponds poliment "non merci".
Le reste, c'est assez commercial : beaucoup d'homos érectus, peu d'homos érectiles...
Le soir, Romeria à Mauguio : qu'on se rassure, aucun Toro n'a succombé dans l'arêne. C'est la litanie des mots en "A" : Romeria, Feria, Paella (sans chorrizo, c'est pour les touristes, avec le chorrizo), Flamencas, P'tites nanas. Heureusement, ici ne sévit pas la tourista...
Des danseuses magnifiques de Flamenco, sur des paroles arrachées du coeur d'une guitare et d'une chanteuse de Séville.
Il faut boire avec modération (ou plutôt, moderacion) le "sangre de toro" ou le "rosado", mais, de toute façon, tous les gendarmes de Mauguio sont dans les rues de Mauguio, si vous suivez bien le raisonnement...
Le dimanche, garde à vue.
Un mineur qui, frappé de boisson, d'ailleurs, va aller en menacer d'autres avec un couteau (1 litre de vodka, ça laisse des traces à 16 ans, peuchérou...). Bon, mineur un peu difficile d'accés, le cerveau encore embrouillé, mais qui reconnaît des faits qu'il a bien du mal à situer...
Petit café avec les gendarmes sympas, en plus, c'est une nouvelle gendarmerie et beaucoup viennent d'ailleurs : pas un qui n'apprécie le soleil, surtout quand on vient de l'Oise ou d'Epinal...
Je traverse le département et une autre gendarmerie, toujours aussi sympas, et une femme accusée d'aide au séjour irrégulier : quand il n'y a pas d'argent en jeu, ce qui est détestable, c'est une infraction souvent sympathique, puisqu'elle est généreuse.
Du reste, elle est libérée juste après notre entretien, aucune charge ne pesant plus contre elle.
C'est heureux, mais je n'y suis pour rien, puisque les pouvoirs de l'avocat sont de l'ordre de : un nuts, un café et deux poignées de main en garde à vue.
Mais bon, ne boudons pas notre plaisir et refermons ce week end festif sur cette bonne nouvelle.
Demain, je pars en Normandie où, 64 ans plus tard, je ferai mon propre débarquement : il n'est jamais trop tard pour bien faire, même si je me doute bien que j'ai peu de chance de me voir accorder le baiser au libérateur..
21:40 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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