« Où l'on reparle des mères porteuses. | Page d'accueil | Foin de pétard !... »
dimanche, 04 mai 2008
Au carrefour du Monde...
Journée de repos, aujourd'hui : alors quelques divagations bienvenues.
Si les USA en sont l'un des derniers rejetons, un des plus turbulents, aussi (normal, vu l'âge du jeunot, à peine deux siècles), il ne faut pas oublier qu'ils ne sont qu'un des enfants du berceau de la civilisation qu'est la Méditerrannée.
C'est là que sont nées les trois grandes religions monothéistes : le Judaïsme, la Chrétienté et l'Islam, même si nous avons encore tant besoins de mythes, de Pythies, de flammes olympiques même vacillantes.
C'est là que sont nés nos concepts juridiques tellement affermis par le temps, tellement ancrés dans le subconscient populaire, qu'ils survivront aux impies des deux bords qui nous gouvernent ou aspirent à le faire, apprentis mécaniciens, tâcherons brouillons, qui croient qu'en faisant disparaître le Temple et ses Vestales, l'on fait disparaître le besoin de la religion du Droit.
Ce petit lac salé, à comparer avec le gigantesque Pacifique, est pourtant le carrefour de tant de civilisations, de lignes de fractures, lorsqu'il se fait tellement petit, que du Djebel al Tarik (le "Rocher de Tarik", Gibraltar), l'on aperçoit l'Afrique, et tellement grand, que des frères de misère, exploités par de modernes négriers, s'entassent dans des "patas" sordides et finissent par atteindre, pour certains leurs cadavres noyés flottant entre deux eaux, ces plages à touristes de l'Espagne.
Mais de tant de convergences, aussi.
Ceci, pour vous dire qu'hier, je suis allé à un gala de fin d'année d'une association de danse, à Lattes (très vieux port héraultais, créé par des grecs, quand Lutèce n'était encore qu'un débarcadère à barquasses).
Au programme : Sévillanes et danses orientales.
Ha ! La flamboyance de l'Espagne et la magie de l'Orient. un beau mariage...direz-vous.
Hé non, car c'est oublier qu'on ne marie pas deux soeurs, tu vois ?
Deux soeurs, car elles ont une inspiration commune, les Gitans, ces autres parias du Monde.
La danse orientale (Raqs al sharqi), tout comme la Sévillane, ont évidemment des racines profanes et populaires, mais ce sont les Gitans (Ghaziya, au singulier et Ghawazi, au pluriel, en Egyptien), qui les ont à ce point transformées, pour leur donner leur forme moderne : le regard de braise et de défi qui ne fait que te caresser l'oeil jusqu'à l'abandon final, le bras et sa main, qui s'arrondissent, t'enveloppent, mais ne te laisse que l'empreinte du vent, le ventre fertile qui t'invite mais se refuse encore, le pied qui piaffe ou se dérobe.
Et puis, toutes ces couleurs, les voiles comme autant d'épices à nos yeux et le rouge des sévillanes, celui du sang des terceros défendant un Empire sur lequel, aussi, le soleil ne se couchait jamais. Celui du sangre del toro, ce vin qui vaut un Châteauneuf et dont une seule gorgée affole l'éthylotest.
La légende veut que chacune des 4 parties de cette danse aie une connotation romantique : la rencontre, la séduction, la dispute et la réconciliation. Les spécialistes vous diront que, bien sur, il n'y a aucun fondement à cette légende, pour de savantes raisons; Franchement, on s'en fiche : quand la légende est si belle, il est rationnel de choisir la légende.
Ces danses, c'est comme le rugby de nos terroirs, toutes peuvent y trouver la grâce : la petite, comme la grande, la mince comme la plus gracile.
« La vie est comme une Ghaziya, elle ne danse qu'un instant pour chacun » (Proverbe égyptien).
09:35 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Bien vu et bien ressenti.
Je suis d'origine gitane et italienne .
Je suis peintre.
J'ai une grande toile ( 150 x 150 ) peinte en 1994 qui s'intitule :
" Cante Jondo ".
Vous pouvez la voir sur mon blog
Ecrit par : victorine follana | dimanche, 04 mai 2008
Merci. je suis également passé voir cette toile qui est en effet très évocatrice.
Ecrit par : laurent.epailly | samedi, 10 mai 2008


